L'Association Réparatrice

Publié le par Immaculata France

P. Willibrord Chr. van Dijk, capucin - Directeur de l'Association Réparatrice

Catholiques contre Franc-Maçonnerie

L'ASSOCIATION RÉPARATRICE
étude historique
Paris, Association Réparatrice, 26, rue Boissonade, 14e
1968
Nihil obstat Jean Gautier P.S.S., Paris, 26 février 1968
Imprimatur E. Berrar, Paris, 22 février 1968
Imprimi potest fr. Léon Robinot o.f.m.cap, ministre provincial, Paris, 2 mars 1968

Bien des correspondants, particulièrement des archivistes, nous ont procuré aimablement les renseignements nécessaires à la rédaction de ces pages. Leurs noms et qualités sont mentionnés dans les notes. Qu'ils reçoivent ici nos vifs remerciements.


POURQUOI CES PAGES?

On a beaucoup pleuré pendant près de deux siècles, depuis les attendrissements de Jean-Jacques Rousseau jusqu à la fin de la guerre de 1914... On pourrait presque dire que le XIXe siècle est un siècle de larmes, et ce n'est pas en ironisant que nous osons l'écrire, c'est avec le plus grand sérieux. Les désordres de la Révolution de 1789, les guerres atroces de Napoléon Ier, les secousses sociales de 1830, 1848, 1871 - cette dernière après la défaite de Sedan, - que de causes de larmes, sans parler des larmoiements romantiques. Là-dessus ont coulé encore les chagrins religieux, dont sont inondés les cantiques pour enfants de Marie et confréries; et les lamentations pastorales devant les apostasies des masses, les atteintes aux privilèges et aux triomphes de l'Eglise, les attaques de ses ennemis de tous genres. Parmis ceux-ci, les Francs-Maçons comptent certainement comme les principaux monstres chagrineurs. La sensibilité quasi maladive de nos ancêtres, contemporains de Chateaubriand, saint Jean-Marie Vianney ou Léon XIII, est confusément religieuse; et de même qu'elle engendre une littérature spirituelle compassée ou morfondue, elle fonde et institue des oeuvres et des associations où se lamenter sur la misère du temps est autant de mode que de nos jours poser des problèmes, remettre en question, courir vers le ressourcement et les restructurations...

De cette mentatlité romantico-mystique la moins éloignée de certain réalisme à la fois historique et doctrinal, est la restauration ou la formation du sens de la "réparation". On gémit devant les apostasies et les sacrilèges, mais on a un sens de Dieu assez aigu pour vouloir implorer pardon et réparer. De là un certain nombre de fondations réparatrices, dont beaucoup n'ont pas survécu, mais qui toutes se rejoignent.

Enumérons-en quelques-unes:

En 1843, Grégoire XVI fonde à Rome une confrérie pour la réparation des blasphèmes. Pie IX, en 1847, l'érige en Archiconfrérie, et en France s'institue une oeuvre semblable, réparant aussi las profantation du dimanche et dont les membres hommes pratiqueront l'adoration nocturne. En 1850, apparaissent les "Victimes du Sacré-Coeur". En 1854 sont fondées les Soeurs de Marie-Réparatrice (1).

Parallèlement, Monsieur Dupont inaugurait à Tours, le culte de la Sainte Face de Jésus, dans une mystique de réparation, tandis qu'à La Salette et à Lourdes, 1846 und 1858, la Vierge Marie - qui pleure devant ses voyants - demande qu'on fasse pénitence.

En 1863, les tertiaires de la Fraternité sainte Elisabeth, à Paris, réorganisent l'adoration du saint Sacrement, en action de grâce et en réparation. Plus tard, en 1874, une union franciscaine des "Victimes du Coeur de Jésus" aura sa direction à Bordeaux, tandis que Pie X, en 1907, approuvera l'Association des "âmes victimes du Coeur de Jésus" agrégée à la Société des Filles du Coeur de Jésus... (2). Finirait-on jamais d'énumérer tous ces groupements pieux, dont le zèle nous édifie et la mulitiplicité nous étonne? L'"Association Réparatrice en l'honneur de la Très Sainte Trinité" dont nous entreprenons d'écrire l'histoire, s'inscrit très normalement dans ce vaste mouvement de ferveur affligée et rédemptrice. Elle a cependant pour particularité de ne s'intéresser avant tout, qu'aux sociétés secrètes, dont la Franc-Maçonnerie passait pour la réussite la plus parfaite (3).

Rédiger ces pages n'a pas été tellement facile, et le résultat en est bien imparfait. Nous l'avons tenté parce qu'il nous paraît que l'effort déployé par cette Association est assez caractéristique d'une époque, de sa sensibilité religieuse, de sa piété comme aussi de sa conception d'une action explicitement cambattive et confusément apostolique. Après tout n'est-ce pas de telles tentatives et de telles réalisations que sont venues, peu à peu, des prises de conscience d'où sont sorties des formes actuelles de l'apostolat laïc, elle-mêmes génératrices de celles de demain dont nous ne pouvons pas plus envisager les structures maintenant, qu'un abbé Douillard, dont il sera ici question, ne pouvait songer à l'Action Catholique?

C'est pourquoi, tout en les offrant en hommage aux deux mille et quelques centaines de membres de l'Association Réparatrice d'aujourd'hui, nous voudrions aussi contribuer, ne serait-ce que de très loin, aux vastes enquêtes sociologiques et historiques qui nous éclairent sur les problèmes de notre temps et nous préparent à vivre les solutions de l'avenir.

Publié dans Prières et Dévotions

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