JEANNE BAILLET

Publié le par Immaculata France

JEANNE BAILLET

Le 20 août 1817, à Pagny-la-Ville (Côte-d'Or), Jeanne Vinet, mariée du 4 décembre 1816 à Jacques Baillet, huilier dans la même paroisse, mettait au monde sa fille Jeanne qui aura une soeur du nom de Marie trois ans plus tard. Il semble que la petite famille ne reste pas à Pagny car aucun d'entre eux n'y figure plus tard dans les registres communaux (4). Mais, quant à nous, nous ne retrouvons Jeanne Baillet qu'à Paris, elle a cinquante six ans et on la dit pauvre et maladive, placée comme domestique, mais nous ne savons où. Elle est très pieuse, communiant chaque jour à la messe de six heures à Notre-Dame où elle entend d'autres messes encore, et aime à faire le pèlerinage de toutes les chapelles de la basilique. L'une d'entre elles a ses préférences: la chapelle de la Vierge. C'est là qu'avait trôné la déesse Raison le 10 novembre 1793, et Jeanne y demande souvent pardon à Dieu pour ce sacrilège.

Un jour de janvier 1873, vers le temps où elle se rangea sous la direction de l'abbé Douillard dont il sera question plus loin (mais est-ce avant, est-ce après?) pendant qu'elle se trouvait à cet autel de la Vierge, Jeanne perçut en elle une voix qu'elle reconnut comme celle du Christ. Elle lui disait: "Je suis traduit devant les tribunaux; je suis jugé, condamné, livré à tous les supplices. Il ne leur reste plus que la mort à m'infliger. Je te parle des réunions secrètes qui se tiennent en grand nombre et qui font la force du mal le plus ingénieux et le plus puissant pour détruire mon Eglise et tout ordre social"(5).

Jeanne ne se contenta pas d'écouter, elle parla également en vraie femme de prière et intercéda sans ambage: "Seigneur, dit-elle, vous ne pouvez pas sacrifier vos enfants. Vous savez ce qui vient de se passer (6), vous savez que nous n'avons pour nous que la faiblesse, que le péché. Seul, vous êtes celui qui est; nous, nous ne pouvons pas empêcher ces réunions. Vous seul, mon Dieu, pouvez les détruire et ceux qui les composent."

Aussitôt, semble-t-il, Jeanne mit au courant des prêtres de sa connaissance et particulièrement, l'abbé Douillard, à qui elle soumettra par écrit tout un récit, quand, le 4 février 1873, quelques jours seulement après la première intervention, la voix se fit de nouveau entendre.

"Non, pas ainsi; ce que je désire, c'est que de bons prêtres, par l'offrande du très Saint Sacrifice de la Messe, fassent réparation à la Très Sainte-Trinité des outrages qui lui sont faits dans ces réunions odieuses, criminelles, ruineuses. Que ces prêtres s'unisssent trois par trois pour honorer, par cette union, l'adorable Trinité, si indignement outragée. Par cette réparation je m'engage à anéantir ces sociétés impies"(7).

Ayant confié aux prêtres ces nouvelles et dernières suggestions, Jeanne s'effaça totalement. La maladie d'ailleurs augmentait, la mettant hors d'état de pouvoir travailler, au point qu'elle dut mendier. A la fin, en juillet 1877, elle tomba plus malade encore, et ses pèlerinages à Notre-Dame de Paris durent se faire plus rares. Vers la fin de mai 1878, elle fut obligée de s'aliter et reçut les derniers sacrements. Mais le surlendemain du jour où alle fut préparée à mourir, l'abbé Douillard fut tout surpris de la voir assister à sa messe en l'église Saint-Sulpice! Dans la journée elle vint voir son directeur pour lui annoncer qu'elle partait pour Ars, car elle avait une dévotion très grande au saint curé Vianney. Monsieur Douillard voulut la raisonner pour l'empêcher de se tuer par un tel voyage, d'ailleurs coûteux. Jeanne répondit que Marie se chargeait de ses fatigues et la comtesse de X de ses dépenses. Elle partit donc, eut le temps de prier deux ou trois jours sur la tombe de M. Vianney, et sentit arriver son dernier instant. L'abbé Douillard, de qui nous tenons ces détails écrit: "Elle put, malgré son obésité, se laisser tomber à genaux sur le sol, elle leva les bras en haut en disant: "Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains", et elle rendit l'esprit" (8). Le bulletin de décès que nous avons sous les yeux, spécifie que cette mort arriva le 28 mai 1878, à 12 heures du soir, à l'Hôtel de la Providence. Jeanne Baillet avait alors 61 ans, et se trouvait domiciliée 19, rue Dupin, à Paris. Le lendemain était jour de l'Ascension, et... centenaire de Voltaire! (9)

Pendant qu'on enterrait au cimetière d'Ars son inspiratrice, l'Association Réparatrice envers la Trinité connaissait, sur l'impulsion de l'Abbé Douillard, une croissance impressiannante (10).

(L'Association Réparatrice, P. Willibrord Chr. van Dijk, capucin)

Publié dans Prières et Dévotions

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Flavien 12/06/2017 15:45

Il y a des appels de note dans le texte, mais vous n'avez pas reproduit les notes correspondantes. Dommage ! Pourriez-vous compléter ? Merci !