MONSIEUR DOUILLARD

Publié le par Immaculata France

MONSIEUR DOUILLARD

Louis-François Douillard était né à Nantes le 7 février 1823, de Louis Prudent Douillard, architecte, et Justine Cracy, son épouse (11). En 1852, nous le voyons à Paris, où il gagne le second prix d'architecture au concours de Rome (12). Sa religion doit être bien grande, car il prend l'habit du Tiers-Ordre de saint François à la Fraternité des Capucins, dont il est l'un des premiers membres, et bientôt assistant du recteur (13). Voici qu'en 1868 il entre au Séminaire de Saint-Sulpice d'où il sort por être ordonné prêtre à Nantes le 17 décembre 1870. Nous ignorons où il fut et ce qu'il fit jusque à ce qu'il prit possession de son aumônerie de l'Abbaye-aux-Bois. Le 15 juillet 1872, l'abbé de Chauliac y célèbre pour la dernière fois; le mercredi 31 août suivant l'abbé Douillard y dit pour la première fois la messe, mais ne commence son ministère qu'en steptembre (14). Aurait-il eu l'entention de se  faire capucin? Toujours est-il qu'il demande des renseignements sur l'Ordre au Père Apollinaire de Valence, qui lui répond le 19 janvier 1873 (15). Peu de temps après, au carême, l'aumônier de l'Abbaye-aux-Bois tombe malade et ne peut assurer tous les offices de la Semaine Sainte. Mais il tiendra encore un an... car ce n'est que le 31 mai 1874 qu'il donne sa démission, bien qu'il continue son ministère jusqu'en septembre (16).

On se souvient que c'est pendant ces mois que Jeanne Baillet avait confié son âme et ses inspirations à l'aumônier de l'Abbaye-aux-Bois... Aussi, envoyé par le "Comité directeur" de l'oeuvre naissante, l'abbé Douillard se rend-il à Rome fin 1874 début 1875, pour en conférer avec Pie IX lui-même. Nous étudierons plus loin cette négociation et ses résultats. En attendant nous savons que l'abbé Douillard fut agrégé, sans être sulpicien, au clergé de la paroisse Saint-Sulpice, ou du moins y avait-il ses habitudes (17). Il habitait 11, rue d'Assas, adresse qu'il possède encore en 1881, et où il hébergera des religieux capucins au moment des premières expulsions (18). N'est-il pas le "père temporel", c'est-à-dire le syndic du couvent de la rue de la Santé qui fut construit en 1862 sur des plans étudiés et dessinés par lui? Aussi reste-t-il toujours en relation, on peut dire, fraternelles soit avec les religieux, soit avec son ancienne fraternité du Tiers-Ordre. En 1892 on le trouve toujours associé à la communauté de la Paroisse Saint-Sulpice (19), mais bientôt nous le perdons de vue pour ne le retrouver qu'à son lit de mort, quatre ans plus tard. En effet, il meurt à Nantes, le 6 décembre 1896, au 1 bis, de la rue d'Argentré, chez l'un de ses neveux, Paul Josso, médecin, ou Louis Biron, comptable, qui signent la déclaration de décès (20).

C'est ce prêtre, à la vie peu mouvementée, à la science théologique vite acquise, à la santé précaire, au ministère indéfini, mais à l'âme sûrement ardente et généreuse, qui met à exécution les aspirations pieuses de l'humble Jeanne Baillet.

Publié dans Prières et Dévotions

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