Sitio, J'ai soif - Méditations pour les Prêtres

Publié le par Immaculata France

I. MÉDITATION

DONNE-MOI À BOIRE!

O mon prêtre, contemple-moi en Croix! Habitué que tu es à me voir sur la Croix, tu n'y fais presque plus attention. Pourtant, combien tu y gagnerais en bons sentiments, si tu considérais sérieusement à quel point je souffre!

Rappelle-toi donc les heures de ma douloureuse agonie, heures de sang et de Rédemption!... J'étais cloué à la Croix comme un malfaiteur, moi l'innocence même!

Mon corps, couvert de blessures, était consumé par une fièvre ardente. Une simple gorgée d'eau m'eût donné un certain soulagement, et je la réclamais: "J'ai soif"...

Les saintes femmes, elles, ont entendu ma plainte, et elles auraient voulu me secourir: mais cela ne leur fut pas accordé.

Ma sainte Mère, elle aussi, dut garder le silence et ne put rien faire pour me soulager. Mais son regard suppliant fut en quelque sorte compris par les gardes. Et on présenta à mes lèvres quelques gouttes de fiel et de vinaigre.

Le Créateur demande une gorgée d'eau à sa créature, à cette créature à laquelle il donne lui-même la vie... Et cette goutte d'eau lui est refusée!

Ma soif à moi, bien naturelle, certes, est surtout une soif symbolique... Ce n'est pas de l'eau que je réclame! J'ai soif des âmes, j'ai besoin d'amour!

Prêtre de mon Coeur, c'est à toi qu'aujourd'hui j'adresse ma déchirante plainte du Golgotha!...

Quand, au puits de Jacob, je demandais à la Samaritaine: "Femme, donne-moi à boire!", mes paroles ne furent pas comprises et je dus insister en ces termes. "Oh, si tu connaissais le don de Dieu et qui est Celui qui te demande à boire!..."

Mais toi, mon Ministre, n'es-tu pas, ne devrais-tu pas être à même de comprendre toute la gravité de ma sollicitation?!

Ne sais-tu pas que je suis le grand Assoiffé d'amour, le Mendiant d'amour?... Un Dieu qui mendie!... Mais que pourrait-il donc me manquer, à moi? Ne suis-je pas la félicité même? Eh bien, oui! C'est l'amour qui me consume, c'est l'amour qui me pousse à une telle folie! Et n'était-ce pas déjà cette même folie d'amour qui m'avait fait assumer la chair humaine, verser mon Sang et demeurer Prionnier dans le Saint Tabernacle?

Je suis l'Amour et ce que je cherche, c'est l'amour! Chaque âme est dans l'obligaton de m'aimer. J'en ai fait à tous un commandement, et même le plus grand des Commandements. "Aime-moi de tout ton coeur, de tout ton esprit et de toutes tes forces". Tu prêches ce précepte aux fidèles, et tu fais bien. Mais... est-ce que tu le mets toi-même bien en pratique? Si tous les hommes ont le devoir de répondre à mon appel, à combien plus forte raison, toi même! C'est entre des millions d'hommes que je t'ai choisi! Non ce n'est pas toi qui a fais ce choix; mais c'est moi qui t'ai choisi! Ne dois-tu pas m'en être reconnaissant et m'aimer plus que les autres!?

N'est-ce pas ce que j'ai demandé à Pierre: "M'aimes-tu plus que ceux-ci?".

Je te le demande aussi, à toi: M'aimes-tu plus que les fidèles, plus que les âmes que je t'ai confiées! Peux-tu répondre en toute sincérité: Oui, ô Jésus, tu sais bien que je t'aime?... -

De la part de mon Prêtre, j'exige un amour pur, désinteressé, de haute qualité. Me refuser cet amour, serait un vol.

Je dois, moi seul, régner dans ton Coeur! Je suis un Dieu jaloux et je ne puis tolérer qu'il y ait quelque réserve dans ton amour pour moi. Si ton coeur admet d'autres affections, ton Dieu alors n'y est plus à son aise. Fais le vide total dans ton coeur, et moi je le remplirai. Plus le vide sera complet, plus considérable sera la mesure de ma grâce. Prends modèle sur cette parole de St. François de Sales. "Si dans mon coeur je découvrais une seule fibre qui ne vibrât pas pour l'amour du Seigneur, je l'arracherais aussitôt et la jetterais dehors!"

Chaque matin prends l'habitude de me dire: "je Vous adore, ô mon Dieu, et je vous aime de tout mon coeur!..." Prends bien garde! Car si une seule affection étrangère à mon amour, venait à s'introduire dans ton coeur, alors tu aurais menti!

Débarrasse-toi donc de toute affection désordonnée! Ne t'aperçois-tu pas qu'elle pourrait faire saigner même ton propre coeur? Moi seul apporte la paix, cette vraie paix que le monde ne peut pas donner.

Fais-moi régner dans ton esprit.

Pense souvent à moi; j'éprouve de la joie à voir que l'on pense à moi. Quand on aime vraiment une personne, on ne peut pas s'empêcher de penser souvent à elle... Même dans le monde j'ai des âmes aimants, qui ne laisseraient pas passer un seul quart d'heure, sans élever leurs esprits et leurs coeurs ves moi. Et toi, pourquoi n'en fais-tu pas autant? Est-ce que cela te serait moins utile qu'à eux? Crois-tu que ce serait du temps perdu, celui que tu passerais à t'unir à moi? Les prêtres qui pensent le plus à moi, sont davantage bénis de moi, et, par le fait même, les meilleurs apôtres.

Que ta première pensée, à ton reveil, soit orientée vers moi. Les prémices me sont agréables. Dès le matin forme cette intention. "Que chaque battement de mon coeur soit un acte d'amour!" Crois-moi: tous ces battements de ton coeur je les considèrerai comme tels, et mon coeur en sera touché. Car cette intention de ton esprit sera pour moi un signe de ta confiance en moi, et en même temps l'aveu de ton impuissance; ce sera un acte d'humilité et un signe de ferveur. Cette intention, renouvelle-la tout le long du jour. Demande à la Sainte Vierge de le faire souvent pour toi. C'est là un moyen très efficace et combien doux et facile, de vie intérieure.

PRATIQUE - Au cours de la journée élever souvent son esprit vers Dieu.

Publié dans Prières et Dévotions

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