Prières

ACTE DE FOI

Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que la sainte Église catholique, apostolique et romaine m'ordonne de croire, parce que vous les lui avez révélées, et que vous êtes la vérité même, qui ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

ACTE D'ESPÉRANCE

Mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance que, par les mérites de Jésus-Christ, mon Sauveur, vous m'accorderez la grâce de vous bien servir en cette vie et de vous posséder dans le paradis après ma mort, parce que vous l'avez promis et que vous êtes fidèle dans vos promesses.

ACTE DE CHARITÉ

Mon Dieu, je vous aime de tout mon coeur et par dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et j'aime mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous.

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Samedi 6 octobre 2007

La Miséricorde Infinie du Coeur de Dieu

"Une lumière s'est levée dans les ténèbres pour les hommes au coeur droit, c'est le Seigneur miséricordieux juste et plein de pitié" (Ps. CXI, 4 (Liturgie de Noël)

Parallèle entre quelques textes de la Bible et du livre "Un Appel à l'Amour"

Viens... Je suis la Miséricorde Infinie...

Ce que la Bible nous dit du coeur de Dieu:

"Mon peuple est malade de son infidélité... Comment t'abandonnerais-je Epharïm, te livrerais-je Israël? ... Mon coeur en Moi se retourne, toutes mes entrailles frémissent. Je ne donnerai pas cours à l'ardeur de ma colère, Je ne détruirai plus Ephraïm, car Je suis Dieu et non pas homme..." (Osée XI, 7-9)

"Reviens, rebelle Israël, dit le Seigneur, je n'aurai plsu pour toi un visage sévère car Je suis miséricordieux... Je ne garde pas rancune éternelle. Reconnais seulement ta malice... Tu t'est révoltée contre Yahvé ton Dieu... tu n'as pas écouté ma voix." (Jérémie III, 12-13)

"Venez et discutons, dit Yahvé. Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, comme neige ils blanchiront; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront". (Isaïe, 18)

"... Souviens-toi de cela Israël! ... Je t'ai formé, tu es mon serviteur Israël, Je ne t'oublierai pas! J'ai dissipé tes péchés comme une nuée. Reviens à Moi, car Je t'ai racheté". (Isaïe XXXXIV, 21-22)

"Cependant les publicains et les pécheurs s'approchaient tous de Jésus pour L'entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient: "Cet homme accueille les pécheurs et mange avec eux". (Luc XV, 1)

Ce que l'Appel à l'Amour nous dit du Coeur du Christ:

"Viens... Je suis la Miséricorde infinie, ne crains pas, Je ne te châtierai pas... mais Je t'ouvrirai mon Coeur et Je t'aimerai avec plus de tendresse encore..." "... Si je suis un Dieu infiniment juste, Je suis aussi un Père plein de Miséricorde".

"Si vous êtes plongés dans le mal... Si les péchés dont vous êtes coupables ont endurci et aveuglé votre coeur... Si pour satisfaire vos passions vous êtes tombés dans les plus grands scandales... Lorsque vous vous rendez compte de votre état, et que les motifs ou les complices de vos fautes vous abandonnent, ne laissez pas le désespoir s'emparer de vous!" "Je laverai vos souillures dans le Sang de mes blessures". "La mesure de mon Amour et de ma Miséricorde enves les âmes tombées n'a pas de limites. Je désire pardonner, Je Me repose en pardonnant. Je suis toujours là attendant avec Amour que les pécheurs viennent à Moi, qu'ils ne se découragent pas. Qu'ils viennent à Moi, qu'ils se jettent dans mes bras! Qu'ils ne craignent rien, je suis leur Père!" "Que les pécheurs ne s'éloignent pas de Moi, qu'ils viennent se réfugier dans mon Coeur, Je les recevrai avec l'Amour le plus tendre et le plus paternel".

"Pauvres pécheurs ne vous écartez pas de Moi... Nuit et jour, Je vous attends au Tabernacle... Je ne vous reprocherai pas vos crimes, ne craingez pas, venez à Moi... Si vous saviez combien Je vous aime!"

"Je cours à la pousuite des pécheurs comme la justice à celle des criminels. Mais la justice les cherche pour les châtier et Moi, pour leur pardonner".

Extraits de "Un appel à l'Amour" Josefa Menéndez, avec l'Imprimatur Julius Geraldus Saliège, Archevêque de Toulouse 2-1-1944

Par Immaculata France - Publié dans : Prières et Dévotions
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Mercredi 22 août 2007

«La prière perpétuelle»

C'est la voie la plus simple

Alors que Saint-François de Sales écrivait à ses Filles de la Visitation de prier durant "tous les moments de leur existence, même ceux du sommeil et de la récréation", comment a-t-on pu oublier ce chemin si simple et si sûr?

Le dominicain Marie-Joseph Friaque qui, en 1881, tenta "d'embraser tous les coeurs" par son Traité de l'oraison jaculatoire, souligne que c'est:

  • la voie la plus facile, puisqu'on peut la pratiquer partout, toujours
  • la voie la plus agréable, car c'est la voie d'amour et non des moritifcations corporelles
  • la voie la plus excellente, car elle ne risque pas d'être freinée par l'entendement, et met l'illétré au niveau des princes de l'Eglise
  • la voie la plus efficace, car il n'est pas d'exemple qu'un grand saint ne l'ait pratiquée... qu'il l'ait apprise par transmission orale, de son Ordre ou de son Directeur... ou par l'Esprit-Saint lui-même

Remontez aussi haut que vous voudrez, ainsi vous trouverez Seth, le remplaçant d'Abel qui "commença d'invoquer le nom de Yahweh" (Genèse V. 26).

Vous trouverez les apôtres, ainsi que nous le rapporte Clément d'Alexandrie,Cassien ou Saint-Jean Chrysostome: "Dites-en vous-même: "Ayez pitié de moi mon Dieu", et vous avez achevé votre prière". Saint Augustin répétait: "Deo gratias", Saint François d'Assis défaillait, sans cesse, à répéter: "Mon Dieu et mon Tout". Saint Ignace: "O Beata Trinitas". Saint François Xaver: "O Sanctissima Trinitas"...

Quant au Gloria Patri... le Saint Pape Damase l'ajouta à la fin de chaque psaume du Bréviaire parce que c'était l'invocation de Saint Jérôme.

Car il n'y a aucun besoin de varier les invocations, une seule phrase d'adoration suffit afin que la volonté puisse sans cesse entretenir le feu sans aucun effort mental.

Bien au contraire, le mental viendra par son automatisme - comme dans tous nos exercices, du langage à l'écriture, du calcul à la musique - au secours de la volonté si celle-ci se détournait un instant de son Dieu.

C'est trop simple sans doute. Les Chrétiens trop savants de notre époque ne peuvent imaginer qu'ils puissent réduire les méditations, discours et autres bouquets spirituels à ces quelques mots: "Seigneur ayez pitié de moi!" "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous!" ou le simple "Jésus-Marie!". Et pourtant "le langage de l'Amour n'a qu'un seul mot et en le redisant toujours on ne le répète jamais" ... car le "Père, Lui, n'a qu'un mot, Son Verbe, et il le répète éternellement dans un éternel silence"...

Et s'est pouquoi les anges ne cessent de répéter "Saint, Saint, Saint est le Seigneur" et Saint Augustin nous avertit qu'au Ciel nous ne pourrons répéter, nous aussi, que deux mots: "Amen" et "Alleluia", ces deux invocations hébraïques de la Messe...

Par Immaculata France - Publié dans : Prières et Dévotions
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Mardi 21 août 2007

Il faut toujours prier !

"Tu aimeras DIEU de tout ton Coeur, de toute ton Âme et de toutes tes Forces..."

"Heureux ces serviteurs que le maître, à son arriée, trouvera veillant. En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à sa table, et viendra les servir. Et s'il arrive à la seconde ou à la troisième veille de la nui, et qu'il les trouve en cet état, heureux sont ces serviteurs!" (Luc 12.35-40)


 

Il faut toujours prier. Combien ont senti  la densité exceptionnelle de chacun des trois mots de ce commendement que souligne - dès sa première phrase - le catéchisme du Concile de Trente sur la nécessité de la Prière:

"La première chose qu'il faut que les pasteurs enseignent aux Fidèles touchant la prière, est qu'elle est absolument nécessaire, et qu'ainsi quand note Seigneur a dit (Luc 18-1): Il faut toujours prier, ce n'a pas été seulement un conseil qu'il nous a donné, mais un commandement qu'il nous a fait".

Combien de brebis ont appris, à leur catéchisme, ou même dans des retraites, qu'elles ne pouvaient négliger "l'exercice continuel" de la prière? Quand leur a-t-on transmis la manière de pratiquer cet exercice? Mais combien y a-t-il de laïcs auxquels lors de la réception du Sacrement de mariage - conformément à ce même catéchisme du Concile de Trente - le célébrant a appris qu'ils devaient "vivre la vie parfaite", c'est-à-dire précise le R.P. Garrigou-Lagrange, la vie contemplative? Car le Christ ne nous appelle pas à des demi-mesures. S'il nous dit: "Soyez parfaits comme votre Père Céleste est parfait" c'est que cela est possible, non à l'homme mais à Dieu. (Luc 18-27)

Ne nous étonnons pas de l'effondrement de la vie de la Grâce, entraînant celui de l'Occident, si les brebis restent - dans trop de cas - sans l'enseignement fondamental.

"L'exercice continuel" de la prière, ou "exercice angélique" ou "prière perpétuelle", n'est quasi plus enseigné oralement depuis deux siècles. Depuis une trentaine d'années [ce texte date de 1972] cependant, quelques articles parus dans des revues religieuses et la traduction des "Récits du pélerin russe" (par Jean Gauvain (Cahiers du Rhône, 1943), puis les cas du jésuite irlandais Doyle, ou des frères belges Mutien-Marie, ont attiré l'attention sur cette pratique fondamentale - que rien ne peut remplacer. Mais combien vivent réellement cette prière perpétuelle, cet exercice continuel de la présence de Dieu jusqu'à avoir, comme le Frère Laurent de la Résurection, la présence de Dieu "le jour par volonté, la nuit par Grâce"? Ce à quoi nous sommes radicalement destinés.

C'est la voie la plus rapide.
Et pourtant, rien n'est plus facile, tellement facile que la rapidité avec laquelle les grâces découlent de cette prière perpétuelle bouleverse tous les préjugés modernes. En quelques mois nos amis - ayant par ailleurs, tout abandonné à Marie par le Saint-Esclavage et purifié leur âme lors d'une retraite des Cinq jours - obtiennent non seulement la grâce de la Contemplation, mais encore celle de la Haute Contemplation.

Ce ne devrait pas surprendre si l'on connaissait mieux les traités d'oraison antérieurs au XVIII° siècle.

Le Cardinal Bona, par exemple, déclare que la "Voie abrégée pour aller à Dieu et pour arriver au comble de la perfection, à l'union intime avec le Verbe, c'est le mouvement anagogique et l'exercice des aspirations". Il précise: "Celui qui s'exerce avec ferveur dans cet état d'aspiration y demeure un an tout au plus, comme le remarque Gelen (auteur  d'une "Pratique de la Théologie Mystique") car d'ordinaire, après cela, il passe au regard fixe de la contemplation... Ceux qui sont prévenus d'une Grâce de Dieu plus abondante, parviendront à une Haute Contemplation dans peu de temps et comme l'assurent quelques mystiques (Denys en particulier) dans l'espace de deux mois..."

Au XV° siècle, le franciscain Francisco de Osuna - dont la lecture décida Thérèse d'Avila et tant de laïcs espagnols à pratiquer la contemplation - déclarait, lui, en quatre mois.

L'expérience le prouve, c'est bien en effet, la "voie abrégée" de Bona ou "voie brève" des Pères du Désert, ou "oraison courte" par mouvements anagogiques de Jean de la Croix, qui mène droit au "raccourci" de Mère Thérèse, c'est-à-dire à la haute contemplation. Ce qui signifie la "suspension totale des sens et des puissances", la grâce d'union mystique (Lire dans: "Je suis Fille de l'Eglise" ,du P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (Edition du Carmel 49) Les Grâces d'union mystique des Cinquièmes Demeures P. 158), l'extase des ténèbres.

Et ceci, en quelques mois... dans le Siècle, quels que soient votre état et vos occupations.

 

 

Par Immaculata France - Publié dans : Prières et Dévotions
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Samedi 30 juin 2007

I. MÉDITATION

DONNE-MOI À BOIRE!

O mon prêtre, contemple-moi en Croix! Habitué que tu es à me voir sur la Croix, tu n'y fais presque plus attention. Pourtant, combien tu y gagnerais en bons sentiments, si tu considérais sérieusement à quel point je souffre!

Rappelle-toi donc les heures de ma douloureuse agonie, heures de sang et de Rédemption!... J'étais cloué à la Croix comme un malfaiteur, moi l'innocence même!

Mon corps, couvert de blessures, était consumé par une fièvre ardente. Une simple gorgée d'eau m'eût donné un certain soulagement, et je la réclamais: "J'ai soif"...

Les saintes femmes, elles, ont entendu ma plainte, et elles auraient voulu me secourir: mais cela ne leur fut pas accordé.

Ma sainte Mère, elle aussi, dut garder le silence et ne put rien faire pour me soulager. Mais son regard suppliant fut en quelque sorte compris par les gardes. Et on présenta à mes lèvres quelques gouttes de fiel et de vinaigre.

Le Créateur demande une gorgée d'eau à sa créature, à cette créature à laquelle il donne lui-même la vie... Et cette goutte d'eau lui est refusée!

Ma soif à moi, bien naturelle, certes, est surtout une soif symbolique... Ce n'est pas de l'eau que je réclame! J'ai soif des âmes, j'ai besoin d'amour!

Prêtre de mon Coeur, c'est à toi qu'aujourd'hui j'adresse ma déchirante plainte du Golgotha!...

Quand, au puits de Jacob, je demandais à la Samaritaine: "Femme, donne-moi à boire!", mes paroles ne furent pas comprises et je dus insister en ces termes. "Oh, si tu connaissais le don de Dieu et qui est Celui qui te demande à boire!..."

Mais toi, mon Ministre, n'es-tu pas, ne devrais-tu pas être à même de comprendre toute la gravité de ma sollicitation?!

Ne sais-tu pas que je suis le grand Assoiffé d'amour, le Mendiant d'amour?... Un Dieu qui mendie!... Mais que pourrait-il donc me manquer, à moi? Ne suis-je pas la félicité même? Eh bien, oui! C'est l'amour qui me consume, c'est l'amour qui me pousse à une telle folie! Et n'était-ce pas déjà cette même folie d'amour qui m'avait fait assumer la chair humaine, verser mon Sang et demeurer Prionnier dans le Saint Tabernacle?

Je suis l'Amour et ce que je cherche, c'est l'amour! Chaque âme est dans l'obligaton de m'aimer. J'en ai fait à tous un commandement, et même le plus grand des Commandements. "Aime-moi de tout ton coeur, de tout ton esprit et de toutes tes forces". Tu prêches ce précepte aux fidèles, et tu fais bien. Mais... est-ce que tu le mets toi-même bien en pratique? Si tous les hommes ont le devoir de répondre à mon appel, à combien plus forte raison, toi même! C'est entre des millions d'hommes que je t'ai choisi! Non ce n'est pas toi qui a fais ce choix; mais c'est moi qui t'ai choisi! Ne dois-tu pas m'en être reconnaissant et m'aimer plus que les autres!?

N'est-ce pas ce que j'ai demandé à Pierre: "M'aimes-tu plus que ceux-ci?".

Je te le demande aussi, à toi: M'aimes-tu plus que les fidèles, plus que les âmes que je t'ai confiées! Peux-tu répondre en toute sincérité: Oui, ô Jésus, tu sais bien que je t'aime?... -

De la part de mon Prêtre, j'exige un amour pur, désinteressé, de haute qualité. Me refuser cet amour, serait un vol.

Je dois, moi seul, régner dans ton Coeur! Je suis un Dieu jaloux et je ne puis tolérer qu'il y ait quelque réserve dans ton amour pour moi. Si ton coeur admet d'autres affections, ton Dieu alors n'y est plus à son aise. Fais le vide total dans ton coeur, et moi je le remplirai. Plus le vide sera complet, plus considérable sera la mesure de ma grâce. Prends modèle sur cette parole de St. François de Sales. "Si dans mon coeur je découvrais une seule fibre qui ne vibrât pas pour l'amour du Seigneur, je l'arracherais aussitôt et la jetterais dehors!"

Chaque matin prends l'habitude de me dire: "je Vous adore, ô mon Dieu, et je vous aime de tout mon coeur!..." Prends bien garde! Car si une seule affection étrangère à mon amour, venait à s'introduire dans ton coeur, alors tu aurais menti!

Débarrasse-toi donc de toute affection désordonnée! Ne t'aperçois-tu pas qu'elle pourrait faire saigner même ton propre coeur? Moi seul apporte la paix, cette vraie paix que le monde ne peut pas donner.

Fais-moi régner dans ton esprit.

Pense souvent à moi; j'éprouve de la joie à voir que l'on pense à moi. Quand on aime vraiment une personne, on ne peut pas s'empêcher de penser souvent à elle... Même dans le monde j'ai des âmes aimants, qui ne laisseraient pas passer un seul quart d'heure, sans élever leurs esprits et leurs coeurs ves moi. Et toi, pourquoi n'en fais-tu pas autant? Est-ce que cela te serait moins utile qu'à eux? Crois-tu que ce serait du temps perdu, celui que tu passerais à t'unir à moi? Les prêtres qui pensent le plus à moi, sont davantage bénis de moi, et, par le fait même, les meilleurs apôtres.

Que ta première pensée, à ton reveil, soit orientée vers moi. Les prémices me sont agréables. Dès le matin forme cette intention. "Que chaque battement de mon coeur soit un acte d'amour!" Crois-moi: tous ces battements de ton coeur je les considèrerai comme tels, et mon coeur en sera touché. Car cette intention de ton esprit sera pour moi un signe de ta confiance en moi, et en même temps l'aveu de ton impuissance; ce sera un acte d'humilité et un signe de ferveur. Cette intention, renouvelle-la tout le long du jour. Demande à la Sainte Vierge de le faire souvent pour toi. C'est là un moyen très efficace et combien doux et facile, de vie intérieure.

PRATIQUE - Au cours de la journée élever souvent son esprit vers Dieu.

Par Immaculata France - Publié dans : Prières et Dévotions
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Jeudi 10 mai 2007

La créature la plus ignorante aux yeux des hommes peut aimer. La plus grande science de la terre entière est l'Amour Divin. Savoir aimer!

Seulement, l'Esprit-Saint peut apprendre, même à la plus petite créature, à aimer. Aimer par le vrai Amour. Et le vrai Amour est le silence du coeur, sans mélange.

En la Vierge Marie seulement on trouve ce vrai Amour: cet Amour silencieux. Elle a aimé en son coeur, en silence... En regardant la Vierge Marie, on pénètre comme dans un sanctuaire de lumière, de splendeur, de pureté. En regardant la Vierge Marie, on ne peut plus parler. On reste là, tout en silence, pour la regarder, l'admirer...

Pour moi, la Vierge Marie est le plus sublime chef-d'oeuvre de Dieu Entier. La Vierge Marie est la splendeur du Ciel Entier. On ne peut pas se fatiguer en regardant la Vierge Marie, surtout en son intérieur. Oh, elle est belle!  Elle est silence, le silence même...

Oh, comme nous sommes grossiers de toujours parler et parler. Et discuter. Comme notre esprit est pauvre!... Et on se croit être quelque chose...

Filiola, l'Amour veut être aimé - Appel du Coeur de Jésus à toute Âme de bonne volonté, 26-2-1974

Par Immaculata France - Publié dans : Très Sainte Vierge
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Vendredi 20 avril 2007

INTRODUCTION

Il est paru un livre d'or intitulé: "Un appel à l'Amour" ou "Message du Coeur de Jésus au monde", édité à Turin. Ce ne sont pas tous les prêtres qui connaissent un écrit d'une telle importance. Ce livre est honoré d'une lettre autographe du Cardnal Pacelli, Pie XII:

"... Puissent ces pages contribuer efficacement à susciter en beaucoup d'âmes une confiance toujours plus grande et plus aimante dans l'Infinie miséricorde du Coeur de Jésus!"

Cet ouvrage est riche d'enseignements pour toutes catégories de personnes et spécialement pour les prêtres.

On lit à la page 380: Le 7 mars 1923 Jésus, apparaissant à Yosépha Menendez, lui dit: "Baise humblement la terre! Et maintenant écris pour les âmes!... Ah, comment dire tout ce que j'attends de chacun de mes prêtres?... Je les ai revêtus de mes pouvoirs pour qu'ils puissent absoudre les âmes... je me suis mis à leur disposition, à la parole de leurs lèvres je descends du Ciel sur la terre... Je m'abandonne entre leurs mains pour être renfermé dans le Tabernacle et distribué dans la sainte Communion... Je leur confie un certain nombre d'âmes afin que par leurs prédications, leur direction, et surtout leurs exemples, ils les guident dans le sentier de la vertu... Mais répondent-ils tous à une si noble vocation? Accomplissent-ils tous cette mission d'amour?

Hélas! Quelle amère douleur pour mon Coeur, quand je suis obligé de dire: "Les mondains me blessent aux mains et aux pieds, ils souillent mon visage, mais mes prêtres déchirent et brisent mon Coeur!... Combien de mes prêtres, après avoir ressuscité la grâce dans beaucoup d'âmes, restent eux-mêmes dans le péché!... Combien qui célèbrent dans cet état!..." Ici termine Jésus.

Al la page 661 du même ouvrage on peut lire: "Moi misérable créature - c'est Yosépha qui parle - le 22 mars 1923, je fus transportée mystérieusement en enfer, afin que par mes souffrances, je puisse sauver les âmes. Dans cette mer de feu, bien qu'on n'y voit pas de formes humaines, cependant les tourments s'effectuent comme si les corps étaient présents et les âmes s'y reconnaissent. J'ai vu des prêtres qui maudissaient la vocation qu'ils avaient reçue et à laquelle ils n'avaient pas correspondu... j'ai vu même des Prélats. Un d'entre eux s'accusait d'avoir disposé illégitimenment des biens qui ne lui appartenaient pas. Quelques prêtres maudissaient leur langue, qui avait consacré, leurs doigts qui avaient porté Notre-Seigneur, les absolutions qu'ils avaient données, sans savoir se sauver eux-mêmes, ... l'occasion qui les avait précipités en enfer. Un tel disait: j'ai bu le venin, je me suis servi de l'argent qui ne m'appartenait pas - et il s'accusait d'avoir employé l'argent donné pour des messes qu'il n'avait pas célébrées... Un autre disait qu'il s'était damné pour avoir assisté à des spectacles profanes, après lesquels il 'naurait pas dû célébrer la sainte messe... et qu'il avait vécu dans cet état pendant sept années... en général ils s'accusaient d'horribels péchés contre la pureté".

Ces divers passages d'un "Appel à l'Amour" m'ont suggéré de composer un cours de méditations, intitulé "SITIO!" Les parties les plus saisissantes de mon écrit sont tirées presqu'entièrement, non seulement d'un "Appel à l'Amour", mais aussi du livre "Cum clamore valido..." ou "Appel du Rédempteur aux âmes consacrées", édité par la Librairie Marietti.

Les éditions françaises de cet ouvrage atteignent déjà le nombre de trente trois.

LE MOT DU TRADUCTEUR

Le Père Tomaselli a composé ce recueil de Méditations sacerdotales pour ses Confrères de langue italienne. Soixante milles exemplaires ont été distribués à l'heure actuelle. On peut dire que chaque prêtres italien a eu le sien...

Ce succès extraordinaire a inspiré à l'Auteur le désir de voir son livre mis à la portée des prêtres de langue française. Mais, après tant d'excellentes études déjà parues sur le sujet, celle-ci ne paraîtra-t-elle pas inopportune, inutile ou prétentieuse?

L'auteur nous dit qu'il s'est senti poussé à l'écrire après avoir médité "Un Appel à l'Amour" de Yosépha Menendez, et "Cum clamore valido".

Ceux de nos Confrères qui auraient lu ces deux ouvrages ou d'autres semblables ne trouveront rien de nouveau dans "SITIO", si ce n'est toutefois un ordre bien enchaîné des obligations du prêtre et les moyens pratiques de 'sen acquitter avec succès. Et ce n'est déjà pas si mal.

Les bons prêtres y puiseront des conseils et encouragements pour une plus grande ferveur, les négligents, un sérieux rappel à l'ordre; et les autres?... Hélas, puissent-ils ouvrir les yeux à la lumière, à la fois douce et fulgurante, qui jaillit de ces lignes dictées par un amour qui ne peut se résigner à abandonner ceux-là même qui le trahissent!

Sans exagérations dans la sévérité, comme sans pitié pour les faiblesses impardonnables, l'Auteur met en lumière, d'une part, le désir incoercible du Coeur de Jésus, de pardonner et d'élever à un haut degré de sainteté tous ses consacrés infidèles, et, d'autre part, la contradiction falgrante qui existerait dans un prêtre, entre un état de tiédeur et, à plus forte raison de péché grave, et son obligation essentielle de tendre à la sainteté.

Car s'il y a des saints qui ne sont pas prêtres, c'est inconcevable qu'il puisse y avoir des prêtres qui ne se croient pas obligés à devenir des saints...

En ce centenaire de la mort du Curé d'Ars, des milliers de prêtres, venus du monde entier, s'entendront redire exactement les mêmes vérités, auprès des reliques de celui, dont on à pu dire: "J'ai vu Dieu dans un homme!"

Et la Reine du Clergé avait déjà dit tout cela, et plus encore, à la Salette en 1846. Si on avait écouté la Mère de l'Eglise, alors en larmes comme au pied de la Croix pour nous redire de la part de son Fils le même "SITIO", les prêtres d'aujourd'hui pourraient se dispenser de lire et de méditer les pieuses et émouvantes pages de ce livre.

Le Traducteur - Abbé Honoré Mazué

Libreria Sacro Cuore, Via Lenzi - Messina (Italia) - Imprimatur (de la version italienne) Catanae, 28 sept. 1954 + Guido Aloisius S.O.C. Archevêque - Imprimatur (de la version française) Catanae, 23-7-1959 - Can. N. Ciancio Vic. Gen. - Imprimerie Bertoncello - Cittadella (Padoue) Italie.

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Lundi 26 mars 2007

Soeur Saint-Bernard, prénommée à sa naissance Angélique, naquit le 31 août 1820 à Sainte-Foy, au diocèse de Bordeaux, dans une famille aisée: mais les revers s'abattirent d'un coup sur le foyer, et la fillette connut très tôt la souffrance: encore jeune, elle perdit son père, que des opérations en Bourse avaient ruiné, et dut s'occuper de nombreux frères et soeurs plus jeunes qu'elle, car sa mère, très affectée par son veuvage, resta gravement malade. Agélique s'occupa de la maisonnée, se mit à travailler de ses mains pour faire vivre les siens et finalement fut confiée avec sa soeur aînée, qui l'aidait autant que possible, à une famille charitable: cette famille était protestante, Angélique n'en fut que plus fidèle à ses devoirs religieux: sa foi se fortifia, sa charité se dilata, et enfin elle parvint même à entraîner quelques personnes à l'Eglise catholique.

Ame silencieuse et contemplative, elle priait sans relâche, et fut favorisée de grâces d'oraison qui l'inclinèrent vers la vie religieuse, comme sa soeur aînée qui entra en 1840 chez les religieuses de Marie-Thérèse. Elle même y fut admise, deux ans plus tard, le 1° septembre 1842. Son noviciat fut, en apparence, tout simple et uniforme, elle se fit estimer et aimer de ses soeurs en religion, et fut admise à la profession le 16 janvier 1843, jour où sa soeur prononçait ses voeux perpétuels. Après ce premier engagement, sa vie intérieure s'affermit à la grande joie de ses supérieures.

Soeur Saint-Bernard était très réservée, elle ne se confiait qu'à son confesseur, et comme toute sa vie conventuelle était très observante et exemplaire, ses supérieures ne voulaient en rien faire pression sur elle. Mais elle s'était ouverte à une supérieure d'une grâce qu'elle avait reçue en 1840 donc bien avant d'entrer au couvent: elle sentait dans son corps les douleurs de la Passion.

Or, le 25 mai 1843, ces douleurs se firent si violentes qu'elle dut s'aliter, et le médecin crut tout d'abord à une attaque de paralysie, puis dit, après un examen attentif, qu'il ne connaissait pas cette maladie. La supérieure restait perplexe, car elle ne savait si c'était là suggestion ou réelles souffrances mystiques. Elle mit donc la religieuse à l'épreuve, éprouvant surtout sa vertu et gardant son âme dans l'obéissance et l'humilité. Comme les résultats étaient concluants, elle recommanda à la soeur Saint-Bernard de prier Dieu qu'Il voulût lui donner un signe.

Soeur Saint-Bernard obéit et demanda à Jésus, qui lui apparaissait parfois, de donner un signe: le 21 avril 1844, les plaies des mains s'ouvrirent spontanément, puis celles des pieds le 5 mai: ces stigmates donnaient de l'eau et du sang. Le 6 mai, la plaie du côté apparut. Le Seigneur annonça à la soeur Saint-Bernard une somme de souffrances qu'Il lui réservait pour l'avenir. Dès lors, les plaies, toujours plus profondes et larges, s'ouvrirent une fois par semaine, tandis que la religieuse s'unissait en extase à la passion du Sauveur. La douleur était telle qu'elle arrachait des cris à la pauvre stigmatisée.

Le Vicaire Général de Lyon, M. de Serres, fut informé de ces événements, car il était confesseur de la communauté. Il étudia la question avec soin, puis agréa le désir de soeur Saint-Bernard: être, le plus rapidement possible, admise aux voeux perpétuels. La cérémonie eut lieu le 15 juin 1844, au lendemain de la fête du Sacré-Coeur, jour prévu de longue date, mais où les souffrances furent telles que l'on dut surseoir aux voeux.

Dès lors, soeur Saint-Bernard vécut davantage dans le retrait et le silence, tout adonnée de par la conduite de Dieu sur elle à une vie d'expiation et de réparation, spécialement pour sa communauté. Elle était favorisée de grâces peu communes, comme celle de lire dans les consciences, de prendre sur elle-même les souffrances, maladies et tentations, qui frappaient telle ou telle de ses soeurs. Usant de ces charismes, elle fut un précieux conseil, un véritable Ange Gardien pour sa supérieure, et elle lui demanda permission de supplier Dieu d'ôter les signes extérieurs des stigmates, ce qui arriva dès 1845. Mais les plaies se rouvrirent pour le Carême et disparurent à Pâques.

Pendant un an, rien ne transpira au dehors de ces grâces extraordinaires. Le Seigneur lui accorda la couronne d'épines le 27 janvier 1846, et dès lors les plaies reparurent tous les vendredis avec les extases de la Passion, que la religieuse revivait de l'Agonie jusqu'au coup de lance. Hormis ce cycle liturgique, la soeur était comblée d'extases dans lesquelles elle voyait l'Enfant-Jésus qui lui donnait directives et conseils pour sa vie intérieure, ne lui épargnant ni reproches ni réprimandes quand Il le jugeait nécessaire. De plus, le démon, jusque là assez discret, la persécuta avec rage et alla jusqu'à la rouer de coups.

Comme les phénomènes allaient s'amplifiant, le Vicaire Général fit procéder à un examen médical: le résultat fut si concluant qu'on institua aussi-tôt une commission d'enquête canonique, qui admit, après étude très poussée, l'origine et le caractère surnaturel des faits. Soeur Saint-Bernard tomba gravement malade, épuisée par les stigmates et les extases de la Passion, et par le voeu d'oblation - qu'elle avait prononcé pour l'expansion de l'Ordre où elle avait été admise.

La Congrégation des Soeurs de Marie-Thérèse a été fondée en 1815, cinq ans avant la naissance de Soeur Saint-Bernard. Elle s'est depuis considérablement développée, sans doute en partie grâce à la prière et à l'oblation de la stigmatisée. Celle-ci eut la douleur de perdre sa soeur aînée en 1845 et offrit cette croix au Seigneur, qui la conduisit à l'immolation à travers toutes sortes de peines, de souffrances, tant physique que spirituelles.

Dès 1847, l'état de soeur Saint-Bernard empira considérablement, jusqu'à devenir critique: on ne comprenait pas pourquoi le Seigneur l'arrachait à sa famille religieuse, et la supérieure lui fit, par obéissance, demander à Dieu de prolonger encor sa vie. Elle obéit, mais le confesseur ordinaire - sans très bien réaliser la situation - lui ordonna de s'en remettre en tout à la volonté de Dieu sans demander spécialement sa guérison. Elle mourut, le 24 juillet 1847, à peine âgée de 27 ans, et ce fut alors comme si le tonnerre avait ébranlé le monastère: on réalisa qu'on avait perdu une religieuse éminente, modèle d'oraison et d'observance, simple et imitable en tout ce qui fait la vie commune, en dehors des grâces inouies dont elle était comblée.

Les témoignages, et des plus importants, sont unanimes à louer sa charité, son esprit d'oraison, vraiment surnaturel, sa simplicité et son humilté très profondes, et la charité prodigieuse qui littéralement la consumait. Dans les souffrances, qui furent véritablment sa voie, elle ne se plaignait jamais, n'était jamais impatiente, mais offrait la peine à Dieu pour qu'Il répande ses grâces sur  les religieuses de l'Institut. Elle ne semple pas être de ces figures imposants à vocation réparatrice à dimension universelle, mais plutôt une humble ouvrière de la Gloire de Dieu pour une petite famille religieuse en pleine croissance. Peut-être pour ce motif est-elle si attachante et si près de nous?

Soeur Anne-Marie


"Rosa Mystica", Septembre -  Octobre 1980, Centre Bethania, Chaussée de Waterloo, 25, B-5000 Namur.

"Rosa Mystica", Septembre -  Octobre 1980, Centre Bethania, Chaussée de Waterloo, 25, B-5000 Namur.
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Jeudi 22 mars 2007

Josepha Kümin (1763 - 1817), la grande mystique et stigmatisée du temps de la Révolution Française

Contemporaine d'Anne-Catherine Emmerick - mais fort peu connue - Marie-Josèphe Kümin est une grande figure mystique suisse, dont la biographie sommaire ne fut publiée qu'à la fin du XIXsiècle: elle reste malheureusement aussi ignorée que ses compatriotes stigmatisées Denise Marquis ou Barbe Brütsch mortes au XX° siècle, ou même que Marguerite Bays.

Marie-Josèphe Kümin était la fille du maître du moulin de Wollerau, dans le canton de Schwyz: elle vint au monde le 20 février 1763, dans une famille assez aisée et très profondément catholique, qu'une sainte aïeule dirigeait dans la prière et les voies du sacrifice et du renoncement. Orpheline de mère à l'âge de cinq ans, Marie-Josèphe devint la préférée de son père, qui était meunier, certes, mais aussi, suivant les circonstances, fermier, forgeron, voire sacristain.

Son enfance fut heureuse et saine: elle vécut dans la nature, ce qui lui donna le goût précoce de la contemplation. Le soir, l'aïeule réunissait tout le cercle familial pour la récitation du rosaire et des litanies à la Vierge. La journée se déroulait à l'ombre du clocher paroissial, partagée entre jeux, travaux ménagers et dévotions, et Marie-Josèphe put s'épanouir très sereinement, loin des troubles qui, déjà, commençaient à secouer l'Europe.

Elle avait un ami d'enfance, avec lequel elle jouait, ou gardait les vaches, s'amusant avec lui, tout comme plus tard Mélanie de La Salette, à édifier de petites chapelles ornées de fleurs, devant lesquelles les deux enfants priaient. Plus tard, à l'âge de l'adolescence, ce gentil compagnon voulut épouser Marie-Josèphe: elle hésita, ne voulant ni troubler le jeune homme ni manquer à Dieu qui, lui semblait-il, l'appelait à se donner toute à Lui... Depuis sa première communion, elle était saisie et captivée par Jésus, elle avait des extases qu'elle cachait à son entourage.

Finalement, elle se donna à Dieu et sut par sa délicatesse et sa douceur atténuer la peine causée bien involontairement à son compagnon. Le père fit la grimace, mais il aimait trop sa fille pour contrer ses désirs, et elle entra en 1780, à l'âge de dix-sept ans, chez les domincaines de Weesen, canton de Saint-Gall.

Elle fut un modèle de novice, puis de soeur: à la voir si enjouée, si active, si pieuse et sans aucune affectation, qui eût pu se douter que, très souvent, Marie-Josèphe recevait des visites célestes, qu'elle vivait dans une étonnante familiarité avec l'Enfant-Jésus, la Vierge Marie, les Anges et les Saints? Autrefois, quand elle était encore une fillette, un Pauvre était venu mendier au moulin: elle lui avait donné du pain, de la farine, toutes sortes de fruits et de légumes, et les souliers et les vêtements de son père. Le Pauvre accepta tout, il bénit la fillette et s'en alla... et on retrouve tout ce que la Marie-Josèphe lui avait donné, bien rangé à sa place! Et maintenant, ce pauvre en qui elle avait reconnu Jésus-Christ venait la visiter, l'enseignait et l'aidait dans ses travaux de soeur converse, l'encourageait à accepter la souffrance, les épreuves qu'il lui annonçait. Déjà le Malin se démenait, furieux de voir cette âme lui échapper: elle priait, et, d'un signe de croix, le mettait en fuite. Alors il faisait du tapage, parlait à haute voix dans sa cellule, pour faire croire qu'elle se dispensait de la règle du silence, faisait éclater sur son passage des sortes de pétards qui jetaient partout des miasmes fétides. Elle priait, disait à sa prieure ce qu'il en était, et retournait à tout son ouvrage, sereine et humble.

En 1803, un séraphin lui apparut dans un embrasement de toute sa cellule, et, dardant sur elle une lance de feu, il lui en frappa le côté, tandis que tout son corps s'enflammait sous le coup. Elle revint à elle avec une plaie saignante au côté, et s'évertua dès lors à la cacher à tous.

En 1805, un saint prêtre, Léonard Gmür, reçut la charge spirituelle du monastère, et celle aussi de soeur Marie-Josèphe, qu'il encouragea à expier, si Dieu le voulait, les péchés de la  France. Et il lui commanda d'écrire son autobiographie. Le démon multiplia dès lors ses assauts, il rouait la soeur de coups, la traînait dans les couloirs, écrivait, en imitant parfaitement l'écriture du Père Gmür et son style, de fausses lettres de direction propres à jeter le désespoir dans l'âme de la religieuse! Mais ses pièges étaient éventés par la prière, par l'intervention de la Vierge Marie et des Anges.

Le 18 février 1806, l'Enfant-Jésus apparut en souriant à Marie-Josèphe, et lui montra des roses, aux pétales écarlates et à l'odeur exquise, quatre fleurs magnifiques qu'il déposa dans ses mains, en lui disant qu'elles étaient le symbole des plaies, des stigmates qu'il allait lui accorder. Confuse à l'extrème, la soeur se récria, supplia Dieu de lui épargner ces grâces trop visibles, mais il dit:

- Sois tranquille, rassure-toi, ce que je fais est pour ma Gloire!

Elle s'inclina et pria: depuis un an sa tête ne portait-elle pas les plaies de la couronne d'épines, à l'insu de tous, hormis son directeur et sa supérieure?

Le 1° mars 1806, l'Enfant-Jésus se montra à la sainte religieuse, tout enveloppé de lumière: cinq traits de feu sortaient de ses mains, de ses pieds, de son Coeur, qui imprimèrent les stigmates sur les mains et les pieds de Marie-Josèphe, et rénovèrent, dans un flamboiement qui ameuta  tout le couvent, la plaie du côté.

Dès lors, Marie-Josèphe vécut onze ans avec le signe des stigmates visibles, associée à la Passion du Christ toutes les semaines, appelée à offrir ses jours en expiation pour la France pécheresse et les attaques contre la papauté: comme Anne-Marie Taigi et Anne-Catherine Emmerick, elle suivait pas à pas, en des visions bouleversantes, le pape Pie VII dans ses tribulations, offrait pour lui ses prières, ses douleurs; elle voyait Napoléon agir, prophétisait - et sa vue intérieure allait fort loin - que tant de maux ne faissaient qu'en annoncer d'autres.

Elle fut appelé aussi à prier et réparer pour les âmes du Purgatoire, en des souffrances atroces, elle  se retrouvait dans le feu, son corps devenait, pendant des heures, rouge et brûlant comme un acier posé sur des braises. Le 13 août 1807; Jésus volut lui accorder la grâce du mariage mystique, et donna à Marie-Josèphe le cadeau de la Croix, avec un très riche anneau d'épousailles, qu'elle voyait dès lors à son doigt. Plus les grâces devenaient abondantes, insignes, plus la souffrance expiatrice augmentait.

Dans les dernières années, elle fut atteinte à l'épaule d'un cancer des os qui la broya de douleur et la tortura jusqu'à sa mort, plaie atroce qu'elle put encore offrir à Dieu, et qui sentait suavement, malgré sa nature. Elle en mourut le 7 novembre 1817 à Weesen, sept ans avant Anne-Catherine Emmerick.

Soeur Anne-Marie

"Rosa Mystica", Mai-Juin 1980, Centre Bethania, Chaussée de Waterloo, 25, B-5000 Namur

Chez les Éditions IMMACULATA, CH-9050 Appenzell, Boîte Postale 153,  on peut se procurer le livre en allemand du Dr. Paul Letter: "Josepha Kümin, 1763 - 1817, Mystikerin und stigmatisierte Visionärin", kartoniert, 208 Seiten, 275 Gramm (netto), au prix de CHF 16.--

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Samedi 10 mars 2007

Le Miracle de la Résurrection de Jérôme Génin opéré par le Saint Évêque François de Sales

Au cours de vacances passées autrefois au village de Villaz, près d'Annecy, j'avais été frappé par un monument élevé à la mémoire d'un prodige assez inouï dont Jérôme Génin avait été le héros et le bénéficiaire.

Jérôme Génin était un jeune garçon d'une quinzaine d'années. Ses parents qui habitaient Ste-Hélène-du-Lac en Maurienne, l'avaient mis en pension avec son frère François, d'un an plus jeune, chez le "sieur" Claude Puthod, Curé des Ollières. Ils devaient être initiés l'un et l'autre à l'étude du latin, et le curé les avait confiés à son vicaire, le "sieur" Crozet.

Un jour que celui-ci, en l'absence du curé, avait fort maltraité Jérôme "pour n'avoir pas bien su ses leçons, ni assez bien fait son thème", les deux enfants résolurent de s'échapper et de rentrer chez leurs parents.

François, devenu plus tard receveur et greffier de Ste-Hélène-du-Lac, devait déposer sous serment ce qui arriva le matin du 30 avril 1623. Les enfants, s'enfuyant "de matin", arrivèrent au bord de la rivière du Fier, extraordinairement enflée par la fonte des neiges, tombées abondamment dans les jours précédents."Comme nous étions nécessités de passer sur trois chevrons (grosses planches équarries) qui n'étaient point attachés l'un à l'autre, et qui étaient d'une grande longueur, nous eûmes crainte de passer dessus et de périr; néanmoins l'appréhension de retomber entre les mains du sieur Crozet nous fit surmonter cette crainte. Toutefois, avant de nous hasarder,  mon frère et moi, fûmes inspirés de nous recommander aux intercessions du vénérable serviteur de Dieu, François de Sales; et, nous étant mis à genoux, nous fîmes voeu que si, par sa protection, nous pouvions passer la rivière, nous irions visiter son tombeau et entendre la messe dans l'église de la Visitation, où son corps repose".

L'aîné tenta le premier le passage, mais tomba, s'accrochant aux planches. François essaya de le rejoindre, mais le vit tomber dans la rivière en criant: "Bienheureux François de Sales, sauvez-moi!" Et lui-même, effrayé de la chute de son frère, tomba sur les planches et manqua de périr.

"Néanmoins, continue la déposition, comme j'étais assez près de la rive, ayant invoqué plusieurs fois le serviteur de Dieu, m'écriant: Bienheureux François de Sales, sauvez-moi! je me traînai sur le ventre jusqu'au bord d'où j'étais parti et, m'étant relevé, je regardai dans le courant de la rivière si je voyais mon pauvre frère. Je suivis même la rivière environ deux cents pas, pleurant et l'appelant: Mon frère! mon frère! Mais je ne pus voir autre chose que son chapeau qui allait flottant sur l'eau, et qui était déjà bien éloigné de moi".

François alors, tout en larmes, retourna aux Ollières pour chercher du secours. En passant par le village d'Ornay, ses pleurs alertèrent les gens, qui coururent à la rivière et cherchèrent vainement pendant plus de trois heures. Alors arriva Alexandre Raphin, le plus excellent plongeur du pays. Après avoir plongé pendant quatre heures sans succès en suivant le cours de la rivière, il finit par découvrir le corps beaucoup plus bas, et le retira avec infiniment de peine d'un creux très profond où il s'était arrêté.

"On mit le corps sur la plate terre, raconte François, dès qu'il fut hors de l'eau; je le vis si enflé, si hideux, qu'il était méconnaissable... Tous ceux qui étaient présents, dirent tous qu'il était mort, le voyant sans mouvement, tout meurtri et livide."

De fait, il était resté dans l'eau pendant un minimum d'une dizaine d'heures. On déposa le corps dans une grange du hameau d'Ornay, lequel dépendait de la paroisse de Villaz.

Entre-temps le curé d'Ollières qu'on avait fini par rejoindre était arrivé. J'ai sous les yeux sa déposition détaillée: "Vers les six heures du soir, j'entrai dans une grange où l'on me dit que je retrouverais le corps de Jérôme, qui, un peu auparavant, avait été retiré mort du fond de l'eau. Je le vis en effet étendu à plate terre, et je le trouvai si difforme que, si je n'eusse été averti de l'accident je ne l'aurais point du tout reconnu.

"Je vis aussi François Génin, qui pleurait auprès de ce corps, et qui, m'ayant vu, se jeta à moi, me disant: Hélas! Monsieur, mon pauvre frère est mort!

"Je fus au même temps fortement inspiré de promettre à Dieu et à son vénérable serviteur François de Sales, que s'il plaisait à sa divine bonté, pour la gloire de ce sien Serviteur, de donner la vie à ce corps, je viendrais demeurer en cette ville d'Annecy neuf jours, pendant lesquels je célèbrerais neuf messes dans l'église de la Visitation, où est son tombeau. Je fis ce voeu dans cette grange, après y avoir dit un De profundis pour le repos de l'âme de ce jeune homme; après quoi je sortis et allai au presbytère de la paroisse de Villaz, pour y rendre visite au sieur curé, lequel me retint à souper et coucher chez lui. Après le repas, nous allâmes ensemble dire l'office des morts dans la grange, auprès du corps, la nuit étant déjà tombée; puis nous nous retirâmes pour nous reposer.

"Le lendemain, sur  les six heures du matin, j'y retournai et commandai à François Génin, qui s'y trouvait, de s'aller reposer sur le lit où j'avais couché jusqu'à ce que l'on enterrât son frère. Je demeurai dans cette grange environ deux heures, pendant lesquelles je dis mon bréviaire et renouvelai le voeu ci-devant dit.

J'allai de là à l'église de la paroisse, où je répondis et servis la messe que le sieur curé y célébra pour le défunt, après laquelle, m'étant confessé à lui, et suivant la permission qu'il me donna de célébrer la grand'messe et d'ensevelir le corps, je me préparai à cett effet; puis, m'étant revêtu d'un surplis et d'une étole et le sieur curé d'un autre surplis, nous nous en allâmes, précédés de la croix, lever le corps. Plusieurs personnes que nous trouvâmes dans la grange nous dirent qu'il n'y avait plus moyen de demeurer auprès, tant il sentait mauvais.

Aussitôt que nous fûmes sortis dehors en chantant les psaumes accoutumés, j'entendis un bruit confus que faisaient environ trente ou quarante personnes de cette paroisse, qui s'étaient assemblées pour assister à cet enterrement, ce qui nous obligea de nous arrêter et de regarder derrière nous. Je vis alors ce peuple assemblés, les uns à genoux et d'autres levant les bras au ciel, la plupart s'écriant, en parlant à nous: "Messieurs, accourez, le mort est ressuscité! Je rentrai dans la grange et, m'étant, promptement approché du corps dont la face avait été découverte par l'un des assistants, je fut extrêmement étonné de voir ce jeune homme plein de vie; sa face telle qu'elle était avant sa mort, les yeux ouverts, la parole assez ferme, surtout quand je lui demandai s'il ne me connaissait pas. Il me répondit ces propres mots: "Je connais le Bienheureux François de Sales, par qui j'ai été "restitué", et vous aussi, Monsieur le curé."

"Lorsque je le vis sur ses pieds, et qu'il commança à marcher, une frayeur me saisit si fort que je ne pouvais me tenir droit. Je fus donc nécessité de me mettre à genoux; plusieurs des assistants étaient aussi tombés à plate terre, et manquaient de force, en sorte que je peux dire ce que dit l'Evangéliste: Tous furent remplis de stupeur et magnifiaient Dieu, et remplis de crainte ils disaient: Aujourd'hui nous avons vu des merveilles".

Dans sa déposition, François qui était resté près du corps, livre certaines détails complétant le témoignage du curé Puthod.

"Comme on voulut mettre le corps dans un linceul (suivant la coutume de ce pays, où l'on ne met les corps des noyés dans le linceul qu'à l'instant même où on les veut porter en terre), mon frère leva un bras; je l'entendis se plaindre et dire ces mots: O Bienheureux François de Sales!... auxquelles paroles tous ceux qui étaient présents furent tellement effrayés, que les uns prirent la fuite, d'autres tombèrent évanouis, et les autres qui avaient plus de consistance s'écrièrent: Miracle!... Miracle!...

"Monsieur le curé, ayant pris mon frère par la main, le leva, non plus hideux et difforme, comme il était à l'instant auparavant, mais avec son visage ordinaire. M. Puthod lui ayant demandé s'il le connaissait, il lui répondi ces mêmes paroles: Je connais le Bienheureux François de Sales, qui m'a apparu et m'a donné sa bénédiction.

"Au même moment on fit apporter du vin dont il se lava la bouche, les yeux, les oreilles, les narines, où il y avait du sable. On lui donna une chemise et, on s'aperçut qu'il était meurtri en plusieurs endroits. On le revêtit de quelques habits qui furent empruntés, les siens étant encore tout mouillés et pleins de boue. Après quoi, il raconta comme quoi, au moment qu'il fut ressuscité, le Serviteur de Dieu lui apparut, vêtu en évêque, de la même manière qu'on le dépeint dans les tableaux, et lui donna sa bénédiction. Il avait un visage rayonnant, il le regardait d'un oeil doux et  bénin. Après cela, nous nous retirâmes avec le "sieur" Puthod aux Ollières où, étant arrivés, tout le monde accourut à l'église où le sieur Puthod entonna le "Te Deum".

"Le Soir de ce même jour, mon frère but et mangea à son ordinaire. Il est vrai que, dans la nuit, il se plaignit de violentes douleurs qu'il ressentait aux cuisses, aux bras, aux jambes et le sieur Puthod et moi-même nous vîmes les meurtrissures de ses membres. Les douleurs lui durèrent jusqu'au premier jour auquel le sieur Puthod nous mena à Annecy pour rendre nos voeux au tombeau du Serviteur de Dieu."

C'est justement par le récit de cette visite mémorable que le curé des Ollières termine sa propre déposition:

"Le quatrième jour du mois de mai de ladite année 1623, Jérôme et François Génin, frères, et moi, partîmes environ dans les cinq heures du matin pour aller rendre nos voeux, dans cette ville d'Annecy au tombeau du Serviteur de Dieu François de Sales.

"Nous arrivâmes sur les neuf heures du matin du même jour; aussitôt je célébrai la sainte messe, qui fut la première des neuf que j'avais promis à Dieu d'y célébrer. J'y communiai Jérôme et François Génin, qu'un peu auparavant j'avais ouïs en confession. Incontinent après que j'eus fini mon action de grâces dans la sacristie, je fis coucher Jérôme tout doucement sur le tombeau du Serviteur de Dieu. Il demeura en cette sorte environ un demi quart d'heure pendant que j'étais à genoux avec François son frère. Au bout de ce temps, il se leva avec une vigueur extraordinaire, en nous disant ces propres paroles: Par la miséricorde de Notre Siegneur, mes douleurs viennent de cesser tout à coup. Cela m'obligea à vouloir visiter ses jambes, ses cuisses et ses bras que, ce même jour, avant de partir des Ollières, j'avais vus noirs et meurtris en divers endroits; à cet effet, je lui fis tirer un de ses bas de chausse, et je vis que sa jambe était sans aucune noirceur ni meurtrissure.

"Je remerciai Dieu de cette grâce, et quand nous fûmes retirés dans l'hôtellerie, je visitai aussi tout son courps, que je trouvai ainsi qu'il était avant sa chute dans la rivière."

Et le curé des Ollières de conclure:

"Nous demeurâmes à Annecy les neuf jours entiers pendant lesquels je célébrai les neuf messes que j'avais vouées; après quoi, nous nous en retournâmes aux Ollières, où les deux frères Génin demeurèrent jusqu'à la fête de saint Michel suivant, que leurs parents les envoyèrent prendre pour les conduire au collège de Chambéry. Jérôme est maintenant prêtre, curé de la Rochette en Savoie, diocèse de Maurienne. Il est aussi official forain dans le même diocèse. Je sais de lui-même qu'il vint souvent remercier Dieu et son saint Serviteur François de Sales, devant son saint tombeau, de toutes ces grâces susdites."

Les deux témoignages qui nous ont permis de faire le récit de la résurrection de Jérôme Génin sont empruntés à l'ouvrage qui a pour titre: Pouvoir de saint François de Sales, ou miracles et guérisons opérés par le saint évêque, tirés du procès de sa canonisation et de pièces authentiques, 2° édition, revue sur les pièces originales, imprimerie Dureuil à Bourg, 1911.

Pour mettre en relief toute la valeur de ces documents, il est important de noter que la résurrection de Jérôme Génin fait partie des dix miracles relatés dans la bulle de canonisation, signée par le Pape Alexandre VII le 13 mai 1661. "Miracles, dit la Bulle, dont la vérité est constatée et reconnue par des informations publiques, faites et mûrement examinées par la Sacrée Congrégation des Rites, sous notre autorité."

Voici d'ailleurs le texte exact de la Bulle rapportant l'événement: "Jérôme Génin, s'était noyé, et l'on portait en terre son cadavre enveloppé d'un linceul exhalant déjà une odeur fétide, lorsque tout à coup, ressucité, il remua les bras sous son suaire, et éleva la voix pour publier les louanges de François de Sales, disant qu'à ce moment ce saint Evêque lui était apparu, revêtu de ses habits pontificaux, avec un visage plein de douceur et de majesté, tout resplendissant de gloire; miracle qui fut encore accompagné d'autre circonstances tout à fait merveilleuses".

Abbé André RICHARD dans "L'Homme Nouveau" du 2-4-1972. "Ave Maria", Bulletin Trimestriel du Centre Marial, B-5300 Ciney - Belgique, 13me année - n° 2, 1er Juin 1972

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Mardi 6 mars 2007

Sans doute est-il présomptueux de vouloir, en quelques pages à peine, retracer la figure sublime d'un géant de sainteté tel que le P. Cestac. Mais, en notre temps qui a besoin de modèles, il faut se ressourcer à ces maîtres et apprendre d'eux le mystère de la charité divine oeuvrant dans une âme.

Louis-Edouard Cestac naquit le 6 janvier 1801 à Bayonne, en la fête de l'Epiphanie, et reçut dès le jour même le baptème. Son père, chirurgien dans la marine, et sa mère, d'origine basque, faisaient partie de la bonne bourgeoisie de la ville, et ils assurèrent à leurs enfants une bonne éducation, et une existence sans nuage.

Enfant pieux, droit et intelligent, Edouard - on l'appelait surtout par ce second prénom - entra à l'âge de quinze ans au séminaire d'Aire: car il voulait être prêtre, malgré la déception du père! Celui-ci rêvait d'une brillante carrière pour son fils, mais s'inclina. Attiré par les mathématiques et les sciences autant que par le latin et le grec et par le violon autant que par les sports, Edouard était un adolescent parfaitement équilibré et fort doué: on l'envoya en 1820 à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice. Mais il y tomba malade, et dès 1821 dut renter au pays natal: professeur au séminaire de Larressore, il y enseigna les mathématiques et y connut la pauvreté. Fraternel, fidèle, indépendant, fils affectueux et soumit, âme candide et humble au point de refuser toute aide qui l'eût promu dans un milieu clérical recherché, il se lia d'amitié avec Michel Garicoïts, futur fondateur des Missionnaires du Sacré-Coeur de Bétharram et futur saint.

Il fut ordonné prêtre à Bayonne le 17 décembre 1825, et ressentit tout de suite un intense désir à l'intime de son âme: se consacrer aux pauvres. Dès 1831, il fut nommé vicaire à la cathédrale après un peu d'enseignement de la philosophie au séminaire: il fut un disciple enthousiaste de Lamennais durant quelques années.

Dès lors, il s'occupa des pauvres, car, providentiellement, on lui confia l'apostolat auprès des pauvres et le soin de la banlieue de Bayonne. Toute la misère de la cité venait vers lui, il était bon, et prodigue, donnant ses chemises, son repas et les maigres biens qu'il pouvait posséder. Il catéchisa, s'occupa de jeunes, visita les malades, confessa de façon régulière: un bon prêtre pieux et dévoué.

Dès 1833, saisi d'une inspiration soudaine, il commença à s'occuper des fillettes abandonnées, les orphelines errantes: il leur trouva une maison, un abri bien modeste, simple cuisine avec une chambre, au Hougassé. La municipalité s'émut, car les jeunes filles devenaient de plus en plus nombreuses, et on donna à l'abbé Cestac une maison communale, appelée le Grand-Paradis. Dès 1838, Elise, soeur et filleule de l'abbé, née en 1811, vint l'aider dans toutes ces tâches bien ingrates, avec quelques saintes et pieuses filles: ce n'était pas facile, les gamines renâclaient, regrettaient leurs vagabondages, leurs petites libertés, s'agitaient, firent des grèves de la faim, se montrèrent difficiles et rebelles parfois. De plus, il fallait vivre, les ressources de la petite maison étaient maigres, on emprunta mais Louis-Edouard ne se décourageait pas: il avait en la Vierge Marie une confiance filiale absolue: et toujours les secours arrivèrent, providentiellement et d'une façon qui tenait au miracle. Enfin on put s'organiser: école primaire et formation professionnelle, dans une ambiance peu à peu détendue.

Puis, à la suite d'un voeu, Louis-Edouard fit plus: il s'occupa des prostituées, les acheminant d'abord vers des Refuges, trop rares, puis en prenant deux dans le grenier de Grand-Paradis, et peu à peu d'autres: elles vivaient une existence très austère, de prière et de pénitence, qu'elles choisirent elles-mêmes. Mais l'initiative fit jaser et la bourgoisie de Bayonne se déchaîna: calomnies, cabales, qui inquiétèrent l'évêque. L'abbé restait indifférent à ces bruits d'enfer: il acquit, loin de la ville, une propriété isolée, dans les sables des Landes, et y installa ses protégées, avec leur Mère, sa soeur Elise, et les autres éducatrices... C'était en 1838. On vécut d'abord dans l'indigence et Louis-Edouard fit un séjour à La Meilleraye, la Trappe bretonne: il s'y initia à l'agronomie pour tenter de valoriser le terrain de son Refuge.

Contre vents et marées on s'organisa, on tint bon, et le miracle se produisit: les repenties de Notre-Dame du Refuge fixèrent les dunes en faisant des plantations de pins, s'occupèrent à l'agriculture, on découvrit une nappe d'eau souterraine qui facilita l'exploitation, on se livra à des travaux divers: cordonnerie, biscuiterie, dentelles, dans une atmosphère très religieuse et très familiale.

Louis-Edouard rédigea d'un trait les Constitutions de la famille religieuse qu'il fondait par nécessité, sous le vocable de Servantes de Marie... Leur vocation se résumait dans le OUI de la Vierge. Il y eut des fondations à Bayonne, à Toulouse: les religieuses y travaillaient à la lingerie de grands ensembles: casernes, collèges, et faisaient vivre, ainsi, la maison de Notre-Dame du Refuge. Là-bas on s'occupait d'agriculture avec succès, ce fut inoui, au point que Louis-Edouard fut élu Président du Comice Agricole de Bayonne. Il reçut même, en 1865, la Légion d'Honneur des mains de Napoléon III qui vint visiter l'oeuvre, admirer les récoltes, le bétail - splendide -, goûter le pain, s'étonner devant toute la richesse de cette réalisation spirituelle autant que matérielle.

En 1851, cédant au désir de quelques repenties avides de pénitence, Louis-Edouard leur donna après mure réflexion une règle de silence et d'érémitisme et les installa dans de pauvres cellules isolées où elles purent à loisir prier et travailler menant la vie des trappistines: ce furent les Bernardines de Notre-Dame du Refuge. Devant tant de succès, toutes les vois discordantes se turent, les fondations purent se multiplier, l'arbre grandit splendidement: il est toujours vivace.

Quel était le secret de Louis-Edouard? Marie. Un total abandon à la Vierge: il connut une inouie présence mariale, qui le guida toujours: locutions et intuitions fulgurantes, ni apparitions ni autres grâces extraordinaires. Il mourut le 27 mars 1868: l'ouevre était florissante. Elise était morte jeune encore, en 1849, leur mère en 1855 au Refuge, et 27 soeurs aurpès des victimes du choléra en 1855. Mais l'oeuvre était solide, implantée dans l'Eglise Mère qui l'avait reconnue en 1852. La cause de canonisation de Louis-Edouard et d'Elise Cestac a été assez rapidement introduite à Rome, et se poursuit bien à présent: "Demande-moi seulement mon esprit", dit un jour la Vierge à Louis-Edouard: il ne se permit jamais de rien demander d'autre, il a eu cet esprit.

Soeur Anne-Marie - "Rosa Mystica", Janvier-Février 1980, Centre Bethania, Chaussée de Waterloo, 25, B-5000 Naumur

Par Soeur Anne-Marie - Publié dans : Les Saints et Bienheureux
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Prières

AUGUSTE Mère du Rédempteur, Porte du Ciel toujours ouverte, Étoile de la mer, secourez votre peuple qui tombe, mais qui travaille à se relever de ses chutes: vous qui, à l'admiration de la nature, avez donné naissance à votre divin Créateur; Vierge avant et après l'enfantement; ô Marie, qui avez reçu la glorieuse salutation de l'ange Gabriel, ayez pitié des pécheurs.

SOUVENEZ-VOUS, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours et demandé votre intercession, ait été abandonné. Animé d'une telle confiance, je viens à vous, ô Vierge, mère des Vierges, je cours à vous et gémissant sous le poids de mes péchés je me prosterne à vos pieds; ô Mère du Verbe éternel, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.

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